16 août 2010
IBM et Infineon ont cédé l'entreprise à l'industriel. Les représentants CFTC suivent de près ce dossier.
"Enfin, ça y est" titrait le blog CFTC Altis le 12 août dernier, après l'annonce officielle de cette reprise.
Après quelques inquiétudes fin juillet et début août sur la réalité de cette opération annoncée pour le 30 juillet, le rachat a finalement été confirmé.
Le 30 juillet, le comité d'entreprise a émis un avis négatif sur le plan de financement jugé "pas assez solide". "Le problème majeur est que ce projet se base sur de nombreuses incertitudes", lit-on dans le blog de la CFTC. En effet "celui-ci est lié à l'obtention des aides de l'Etat (FSI et OSEO) sans lesquelles l'avenir est fragilisé.
Pour rappel la garantie d’ OSEO sur les prêts bancaires et investissements étrangers est conditionnée à l’apport de 20M€ du FSI qui lui-même dépend d’un business-plan « viable ». De plus si ces sommes de financement supplémentaire (devant être apportés avant le 31/12/2010) n étaient pas acquises, les actionnaires actuels pourraient se retourner contre le repreneur.
Quelles en seraient les conséquences pour le nouvel Altis?
Ce projet reste à nos yeux une grande promesse.
Vigilance
Pour la CFTC, nos actionnaires actuels ont cherché à sécuriser ce projet pour les deux ans à venir afin de se protéger de la loi française et non pas comme ils le laissent entendre pour l’avenir du site.
Notre directeur reste persuadé qu’un avenir pour le site existe, qu’un challenge important nous attend, et qu’il faut rester confiant.
La CFTC n est pas aussi optimiste au vu de la somme colossale de travail à accomplir et reste perplexe quant à la solidité des fondations du nouvel Altis.
Nous resterons vigilants sur la suite de la transition vers le nouvel Altis afin de s’assurer de la pérennité du site et de ses emplois.
Pour ces raisons, la CFTC a émis un avis défavorable au projet industriel et financier (ainsi que les autres organisations syndicales)."
Hervé Judith, délégué CFTC, adopte une attitude prudente : "On a toujours un souci au niveau financier a-t-il déclaré au journal Le Parisien. Pour nous, ce n'est pas clair. Et on cherche toujours le plan industriel qui est derrière".
La transaction porte sur un montage de 200 millions d'euros ( 82 millions apportés par IBM et Infineon, 40 millions par Yazid Sabeg auxquels il faut ajouter divers emprunts, un apport venu d'un investisseur international et une participation envisagée du Fonds stratégique d'investisement (FSI) pour 20 millions d'euros.
Par ailleurs, 400 emplois seront supprimés sur les 1300 emplois. Un comité d'entreprise est d'ailleurs programmé le 23 août pour la négociation de ce plan social.