La CFTC Métallurgie a adressé le 19 mai une Lettre ouverte aux Députés et Sénateurs intitulée « Pour un développement durable des retraites » :
"La Fédération CFTC de la Métallurgie considère que nous devons conserver la retraite par répartition car elle est juste et protège les salariés qui ont travaillé durement pendant toute leur carrière. Elle doit être maintenue parce qu'elle repose non seulement sur un principe mais aussi sur une vertu humaniste qui est la solidarité. Mais cela ne suffit plus.
Le projet actuel du gouvernement de réforme des retraites est l'occasion de remettre à plat tout le système des retraites et la Fédération CFTC de la Métallurgie considère que cette réforme ne peut pas faire l'impasse sur les points suivants :
· En premier lieu, tout salarié partant à la retraite doit bénéficier d’un revenu décent, ce qui signifie une retraite à taux plein qui ne peut être inférieure à 80% du salaire brut reconstitué.
· Deuxièmement, parce qu’aucun gouvernement n’est capable d’assurer le plein emploi, parce qu’aucun salarié ne peut être à l’abri des aléas d’une carrière de travail (chômage/ maladie) et afin de tenir compte des périodes d’études des jeunes, la CFTC Métallurgie propose que chaque personne bénéficie de « cinq années blanches » qui viendront en complément des années de cotisations effectives pour compléter, si besoin est, le calcul de la durée de cotisation et le niveau de pension.
· En troisième lieu, pour la Fédération CFTC Métallurgie, la capitalisation ne doit relever que de la seule responsabilité du salarié. Il faut donc élargir l’assiette des cotisations, et, parce que nous sommes dans la mondialisation, il n’est plus raisonnable de penser que tout ne repose que sur la valeur travail. Il faut donc taxer tous les revenus qui ne génèrent pas de la valeur ajoutée.
· Par ailleurs, à l’instar du SMIC, nous proposons la mise en place d’un SMIR (Salaire Minimum Interprofessionnel de Retraite). Pour la CFTC Métallurgie, il n’est plus tolérable que, même avec une complémentaire, un retraité soit au niveau du seuil de pauvreté, voire en dessous.
· S’ajoute à cela l’échec de la négociation sur la pénibilité au niveau interprofessionnel à la suite duquel nous demandons l’ouverture de négociations au niveau des branches professionnelles. La pénibilité est bien réelle : elle doit être une clé pour un départ à la retraite avant l’âge et le nombre de trimestres requis.
· Enfin, nous voulons avoir une garantie : le fonds de réserve des retraites ne doit servir qu’à couvrir les aléas de la retraite et rien d’autre.
Pour la Fédération CFTC Métallurgie, le vrai problème de la retraite n'est pas en priorité l'âge du départ mais bien la rémunération, car au train où vont les choses, et avec la pauvreté des rémunérations, il n'y aura bientôt plus de candidat au départ en retraite dans ces conditions.
Or, pour nous CFTC Métallurgie, retraite = REPOS bien mérité : il n’est pas acceptable qu’un retraité soit obligé de chercher un nouvel emploi pour vivre décemment.
Concernant tous ces sujets, nous sommes prêts à vous rencontrer prochainement si vous le souhaitez.
En espérant que vous réserverez un accueil favorable à cette lettre ouverte, veuillez agréer l’assurance de notre haute considération".
Joseph Crespo, Secrétaire général, pour le Conseil fédéral CFTC de la Métallurgie
Trois témoignages sur la pénibilité dans la métallurgie