L’industrie aéronautique et spatiale française a connu jusqu’à la mi-2008 une période de croissance économique forte. Sur les 15 dernières années (jusqu’en 2008), les commandes pour l’industrie aéronautique et spatiale française ont en effet progressé de près de 9% par an.
Les exportations occupent une place prédominante. Elles représentent 74% des commandes, soit près de 40 milliards d’euros*. Il s’agit de marchés où la concurrence est forte aussi bien dans le civil que le militaire.
Mais depuis l’été 2008, la crise financière puis la crise économique ont bouleversé la situation.
Baisse de l’activité en 2009 et 2010
La transformation des commandes passées en livraisons effectives s’avère souvent problématique.
Le marché des avions est un marché sensible au trafic qui a fortement baissé du fait des réductions des coûts dans les entreprises. Mi-2009, on observait -20% sur le fret, -4 à –5% sur le trafic passager (baisses assez inégalement réparties).
Cela est lié à la situation des compagnies :
Avec la crise, les rendements à la place restent mauvais. Le passage des voyageurs de la classe affaires à la classe économique est très préoccupant pour les compagnies car leur compte d’exploitation se fait sur la classe affaires. Certaines compagnies comme Air France ont dû réaménager les classes de passagers pour s’adapter à ce constat.
Par ailleurs, les phases de hausse du carburant étranglent également les compagnies aériennes. A long terme, le risque carburant pourrait modifier fondamentalement le transport aérien dans les composantes rayon d’action, rationalisation du contrôle aérien, modification des aéroports. Les Etats pourraient même prendre des dispositions de contraintes sur la consommation d’énergie pouvant amener au renouvellement des flottes.
Fin 2009, les pertes financières des compagnies sont encore importantes, mais dans la majeure partie des cas, les banques continuent à assurer les financements.
Face à ces difficultés, les compagnies ont reporté, et parfois annulé, des commandes d'avions. Mais le constructeur Airbus a réussi à limiter les conséquences des annulations en réorganisant les priorités de livraisons avec les clients. Les difficultés de livraisons rencontrées essentiellement sur l’A380 sont liées non pas à la crise pour la plupart, mais à des difficultés d’industrialisation. Pour faire face à ces difficultés, Airbus a lancé un plan d’économies drastique visant à économiser à terme 1,5 milliards de dépenses annuelles.
En 2010, l’industrie du transport aérien attend une reprise de la croissance mondiale pour faire redémarrer les besoins. Ainsi, c’est à la fin de l’hiver que les compagnes aériennes feront le bilan de la fin de la saison hivernale et constateront si elles supportent la crise et si elles pourront payer les avions commandés.
Dans le secteur spatial, l’activité a beaucoup progressé jusqu’en 2008 (chiffre d’affaires en hausse de plus de 22% en 2008), tant dans le domaine civil que militaire puis a subi les effets de la crise.
Les activités spatiales civiles représentent plus de 75% du chiffre d’affaires du secteur.
Dans le secteur des hélicoptères, le marché civil a souffert en 2009 de beaucoup de reports de livraisons sur les hélicoptères commerciaux. Ces reports auront des conséquences cette année sur le plan de production d’Eurocopter. Dans le domaine militaire, les effets des restrictions budgétaires des Etats se font sentir. Les pays, très endettés après la crise, connaissent des recettes fiscales diminuées et des déficits importants : les budgets de défense seront touchés et cela impacte directement l’industrie aéronautique.
*chiffres du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS).