Deux types de mesures sont souhaitables :
w Des mesures de relance par la demande, c’est à dire le pouvoir d’achat des salariés ( 2/3 du plan de relance américain), relance encore faible en France malgré l’appel des syndicats.
w Des mesures de relance par l’offre, c’est à dire par l’investissement : en France le soutien bancaire, les grands projets d’infrastructures, et le nouveau plan numérique du gouvernement.
Cependant, dans le plan numérique lancé en octobre 2008 , il n’y a pas vraiment de soutien au secteur des produits électroniques. L’accent est porté sur l’installation de réseaux Télécom haut débit, les opérateurs et les services mais pas suffisamment sur le volet industriel (investissement et recherche des produits Télécom, électroniques et logiciels), ni sur des nouveaux projets innovants avec les grands groupes présents en France. Les équipements électroniques et les logiciels nécessaires aux infrastructures seront le plus souvent importés.
Il faut également éviter l’abandon de la partie fabrication dans des secteurs-clefs comme les semi-conducteurs ; à court terme plusieurs sites industriels et technologiques sont en danger, plus de 4 000 emplois directs, 10 000 avec les sous-traitants :
w Altis Corbeil : 1 400
w Atmel Rousset après MHS Nantes (ex Atmel) : 1 300
w Freescale Toulouse : 1 000
w NXP Caen : 400
Les secteurs-clefs en Europe comme l’automobile ou les équipements industriels sont de plus en plus consommateurs d’électronique (jusqu’à 40% du coût d’une voiture hybride).
La domotique, le médical vont devenir très consommateurs de nouveaux composants électroniques, notamment ceux issus des nanotechnologies, les Mems (Micro-electro-mechanical-system) qui permettent contrôle, analyse et micro-action.
L’économie verte utilise les cellules photovoltaïques et les nouvelles technologies de stockage de l’énergie, les micro-piles pour les téléphones ou les accumulateurs pour les voitures.
Il faut être convaincu qu’à long terme, il est nécessaire non seulement de concevoir ces composants (design), mais également de les fabriquer (fabs) en développant les nouveaux procédés industriels sur silicium.
Il faut relancer la partie recherche de nouveaux procédés pour une fabrication en France :
w favoriser les projets de nouveaux procédés mécaniques, électrotechniques et d’automatisme
w les projets homologués des pôles devraient avoir un financement complémentaire pour le volet fabrication en France. Cette proposition est relayée par la FIEEC (fédération des industries électriques, électroniques et de communication)
On doit aussi inciter les grandes entreprises et les PME à collaborer pour développer de nouvelles activités (insuffisance des pôles de compétitivité) : électronique automobile, nouvelles énergies, capteurs industriels en relation avec les fabricants de composants.
Eric CRUCHET
Responsable fédéral de la Commission